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QVT 2.0 : réfléchissons tous avant de cliquer sur « envoyer » !

02/03/2016

Depuis sa naissance dans les années 1970, l’e-mail est devenu un outil de communication révolutionnaire. Réduisant le temps et l’espace, c’est tout naturellement qu’il s’est fait la part belle dans les entreprises, trônant désormais comme le second (après le téléphone) outil d’échange et de communication1.

Au travail, les e-mails ne servent plus uniquement à échanger avec les clients, fournisseurs ou prestataires. Avec l’apparition du télétravail et du temps choisi, le nombre de mails échangés avec ses collègues et managers vient s’ajouter. En 2015, on estime qu’un salarié reçoit en moyenne 88 mails par jour, pour 34 envoyés1. Pour un cerveau humain, c’est beaucoup d’informations à gérer ! Comme l’ont soulignés de nombreux rapports2,3, ce flux d’information continu au travail (et parfois hors travail) peut générer sur les salariés des contraintes, des difficultés, voire du stress. Si les chartes numériques prônant le droit à la déconnexion peuvent répondre en partie à une préservation des salariés (en les coupant ponctuellement de ce flux parfois nocif), ce n’est certainement pas une condition suffisante. Il y a en effet fort à parier que le monde du travail de demain ne verra pas la quantité d’emails diminuer. Par ailleurs, ce n’est pas uniquement la quantité d’e-mails qui génère cette pression, mais également leurs contenus et la perception qu’ont les salariés de ces derniers.

Dans un monde du travail où la Qualité de Vie au Travail (QVT) est un thème phare, il apparaît donc incontournable de prendre du recul sur les responsabilités de chacun, et de se questionner sur le rôle que nous pouvons tous avoir dans cette pression numérique exercée quotidiennement. « Comment pouvons-nous faire différemment en tant qu’expéditeur ou en tant que destinataire pour que la QVT 2.0 soit préservée ? » Evidemment, il n’y a pas de réponse unique, chacun ayant sa propre personnalité et sa propre expérience du monde numérique. En outre, le fait d’établir des règles génériques de bonnes pratiques pourrait paraître utopique et trop spécifique…Par exemple,  des règles de consultation à des horaires fixes ne sauraient dans certains cas être efficaces, car elles iraient à l’encontre du monde du travail actuel : ère de la flexibilité, du télétravail et du temps choisi.

La solution ? « Elle est en nous ». Oui je vous l’accorde, on se croirait à une conférence de psychologie positive ou de bien-être psychologique, mais c’est une piste qu’il convient de ne pas escamoter (remarquons d’ailleurs que nous ne sommes pas si éloignés que ça du thème de la QVT…). Face à un e-mail reçu, sans aucun signe verbal pour en affiner l’interprétation, nous tombons bien souvent dans cette interprétation « d’entre-deux-lignes », ce fantasme du « qu’est-ce qu’il a bien voulu dire », tandis que l’ensemble des signaux visuels et des postures (bien souvent positives) est resté bloqué derrière l’écran de l’expéditeur. A l’inverse, lorsque nous rédigeons un mail « en réaction », comme il nous arrive parfois, nous noyons les informations opérationnelles par flot émotionnel de phrases proustiennes qui auront sans doute un écho peu favorable auprès du ou des destinataires, qui pour certains risqueraient de le remiser dans un dossier « à traiter plus tard ».

Alors ne nous y trompons pas, l’e-mail ne peut plus aujourd’hui être réduit à un simple outil d’échange d’informations simples et opérationnelles dans une entreprise : c’est également un outil de dialogue social, de management et d’intégration au sein d’un collectif de travail. A ce titre, il apparaît indispensable à toute entreprise qui souhaite faire de la QVT un axe majeur de sa politique de santé, d’évaluer et de sensibiliser l’ensemble des acteurs clé de l’entreprise autour des pratiques en matière d’e-mails. En d’autres termes, si nous souhaitons construire une QVT 2.0 efficace et durable, nous devons tous réfléchir avant de cliquer sur envoyer !


 

1 – Email Statistics Report, 2015-2019. The Radicati Group, Inc.
2 – Transformation numérique et vie au travail. Rapport établi par Bruno Mettling à l’attention du ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social, Septembre 2015
3 – You’ve got mail! Research report 2015. Future Work Centre

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