Achats au secteur adapté

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Une formation-action pour assurer le passage à l’action

OCP, leader de la répartition pharmaceutique en France, mène une politique active d’emploi de personnes handicapées.

Avec un 3ème accord signé en 2014, des nouveaux objectifs de progression de l’emploi ont été définis ! Parmi ceux-ci, faire progresser la part des achats qu’OCP réalise auprès des entreprises du secteur adapté et protégé. Un défi lancé au cabinet Ariane Conseil !

Echanges entre Bertrand Villeneuve, responsable des conditions de travail et de la Mission handicap au sein d’OCP et Stéphanie Galvan, Directrice Générale du cabinet.

Pourquoi avoir souhaité mener une action spécifique sur le siège ?

Bertrand Villeneuve : Des achats auprès du secteur adapté sont réalisés depuis plusieurs années par les différents établissements OCP et se poursuivent. La volonté est de faire progresser ces achats. Naturellement, le développement de l’emploi indirect nous est apparu comme une piste à exploiter au niveau du siège social, et ce d’autant plus, que de nombreuses décisions d’achats y sont centralisées.

En effet, le siège social est un centre important d’achats, par la présence des services généraux ou encore des départements en charge de la communication interne, externe et du marketing qui peuvent être à l’origine d’achats de prestations impressions/reprographie qui sont très bien représentées dans le secteur adapté.

Quels étaient les besoins à l’origine de la démarche ?

Bertrand Villeneuve : L’entreprise souhaitait voir progresser les achats et la sous-traitance auprès des ESAT et EA, au-delà d’un contrat historique pour l’entretien des espaces verts. Si j’étais convaincu du potentiel de développement, il n’en demeurait pas moins qu’il était difficile, et ce malgré plusieurs années de politique handicap, de faire réellement bouger les lignes.

Le recours à ce type de prestataires suscite parfois des interrogations : sont-ils fiables, se montreront ils réactifs, sont-ils capables d’être compétitifs en termes de prix ? Certaines sont le fruit d’une méconnaissance. Il m’a semblé donc très important à ce stade de proposer une formation aux personnes du siège ayant une responsabilité en matière d’achat, soit directement parce qu’elles sont acheteurs, soit indirectement parce qu’elles sont prescriptrices.

Stéphanie Galvan : Quand OCP nous a fait part de son souhait d’organiser en 2015 une formation pour développer le recours aux ESAT et EA, nous avons proposé de sortir du traditionnel cadre de formation d’une journée. Des apports théoriques sont bien évidemment indispensables mais nous constatons trop souvent que la formation ne suffit pas pour assurer un passage à l’action. Il est facile après la formation de revenir dans son cadre de fonctionnement habituel, d’autant plus lorsque les pratiques de collaboration avec certains fournisseurs sont anciennes et satisfaisantes. Rechercher un nouveau partenaire et changer demande à la fois de la confiance et du temps. Notre pari était donc double : donner confiance au travers de la formation en changeant le regard et faire gagner du temps en orientant sur des segments d’achats et des prestataires.

C’est la raison pour laquelle nous avons proposé une formation-action en 3 temps :

  • formation
  • recherche de fournisseurs potentiels qualifiés
  • partage des pistes de collaboration identifiées.

De quelle manière s’est opéré cet accompagnement ?

Bertrand Villeneuve : Mon objectif était que tous les services du siège ayant une responsabilité en matière d’achat indirect soient au moins représentés par une personne. Il était également important que les personnes en charge des travaux et des services généraux pour le siège et les établissements répondent présents. Ce qu’ils ont fait bien volontiers d’ailleurs.

Stéphanie Galvan : Une première journée a été organisée pour former et changer le regard sur le secteur adapté en partageant notamment toutes les évolutions les plus récentes d’un secteur en grande mutation. Nous avons pris soin de relayer un grand nombre d’initiatives réussies dans d’autres entreprises (mise en place d’une conciergerie sous la marque « Merci Oscar » par exemple) et de mettre en lumière de nouvelles filières particulièrement performantes : plateaux-repas, communication, DEEE…

Cette journée s’est achevée par un temps important consacré à l’expression des besoins d’achats et de sous-traitance des participants : qu’achètent-t-ils aujourd’hui ? Quels pourraient être leurs besoins demain ? Quels sont les prérequis pour qu’ils confient ce marché ?

Deux mois plus tard, nous nous sommes revus pour partager avec eux le fruit de nos recherches mais aussi leur demander de s’engager sur un plan d’actions. Une liste d’ESAT et d’EA qualifiés a été préconisée par le cabinet, essentiellement sur la base des retours d’expérience de nos clients.

Pourquoi avoir choisi une telle méthodologie ?

Bertrand Villeneuve : Ce qui m’a séduit, c’est d’abord l’aspect très opérationnel de la démarche. J’ai pensé que ce format permettait à la fois d’accompagner et de soutenir davantage les acheteurs mais aussi d’une certaine manière de les pousser plus fortement à l’action. En effet, par cette « formation-action », les décisionnaires du siège sont désormais formés, ont identifié des pistes de collaboration, disposent d’un annuaire qualifié de prestataires recommandés par le cabinet Ariane Conseil et ont donc toutes les clefs pour s’engager, notamment en intégrant une structure de travail protégé dans leurs appels d’offre.

Quelques mois après la fin de cet accompagnement, avez-vous pu en mesurer les résultats ?

Bertrand Villeneuve : Cette démarche a conforté les convaincus mais aussi élargi le cercle des personnes prêtes à jouer le jeu de cette politique de responsabilité sociétale. Pour un chargé de mission handicap, il est extrêmement précieux de ne pas être le seul à porter la question du handicap ! Cette question est un engagement de l’entreprise et chacun à son niveau doit s’inscrire dans la cette démarche collective.

Certaines pistes identifiées lors de cet accompagnement sont devenues réalité. Nous avons ainsi confié la gestion des déchets de bureau à l’Entreprise Adaptée Cèdre depuis septembre 2016. L’équipe Communication interne a contacté divers EA et ESAT et confie désormais le sous-titrage des films institutionnels d’OCP à une EA.

Enfin, nous lançons en 2017 un projet de film de sensibilisation sur les maladies chroniques avec Ariane Conseil et une toute jeune EA, la Manufacture Digitale, sous la forme d’un contrat de cotraitance !