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Pénibilité : un nouvel outil pour intégrer la polyvalence

28/02/2017

Le point avec Antoine Dezalay, Directeur Produit

Avant de nous présenter l’outil d’évaluation que vous avez conçu, pouvez-vous nous expliquer simplement comment mesurer la pénibilité ? Les médias évoquent très souvent la complexité du dispositif…
Antoine Dezalay : Si l’on se fie à ce que relayent les médias sur le Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité (C3P), nous avons effectivement la sensation d’avoir affaire à une « usine à gaz ». En réalité, évaluer la pénibilité n’est pas si compliqué. Elle est basée sur 10 facteurs de risque, fixés par le décret du 30 mars 2011, et leurs seuils d’exposition, précisés dans un second temps dans le décret du 30 décembre 2015 puis la circulaire du 20 juin 2016.

Si l’application de la pénibilité était aussi simple, les entreprises pourraient réaliser elles-mêmes leur évaluation !
Antoine Dezalay : C’est précisément ce que nous leur conseillons ! D’ailleurs beaucoup de nos accompagnements sont des démarches d’auto-évaluation au cours desquelles nous transmettons aux futurs évaluateurs des savoir-faire et outils qui leur permettront de mesurer la pénibilité sur leur site. A l’inverse, certaines entreprises font le choix de nous confier la démarche. L’un de nos ergonomes se déplace alors pour coter les postes. Cela va notamment dépendre du degré de maturité de l’entreprise.

 Les collaborateurs qui mènent eux –mêmes la démarche ne rencontrent donc aucune difficulté ?
Antoine Dezalay : Si, bien sûr. Si le besoin s’en fait ressentir, nous pouvons d’ailleurs proposer une hotline. Mais les difficultés qu’ils rencontrent ne sont pas forcément celles que l’on pourrait imaginer de prime abord. Il est simple de mesurer la pénibilité d’un opérateur X affecté à la tâche Y à un moment de la journée. En revanche, répertorier les différentes tâches effectuées par un opérateur et évaluer le poids respectif de chaque tâche dans l’année peut s’avérer complexe. C’est donc la polyvalence qui complique la mesure. A partir de ce constat, nous nous sommes attachés à réaliser un outil qui prenne en compte cette polyvalence.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cet outil et sur ses fonctionnalités ?
Antoine Dezalay : C’est un outil performant mais facile à prendre en main, même par un « non expert ». Dans un premier temps, les métiers sont divisés en tâches. Nous évaluons donc les 10 facteurs de pénibilité sur chacune des grandes tâches qui composent le poste et nous reportons le résultat brut dans l’outil qui génère automatiquement une note de 0 (non pénible) à 3 (très pénible). Nous fournissons un guide d’aide au remplissage aux entreprises qui choisissent l’auto-évaluation (calcul d’un poids moyen sur une séquence de travail etc…). Dans un second temps, nous estimons la part de la tâche dans l’activité journalière. Par exemple, un préparateur de commande peut réaliser 50% de picking, 30% de chargement / déchargement et 20% de conduite de charriot.

La répartition par tâche est donc la grande spécificité de votre outil ?
Antoine Dezalay : Sa singularité réside dans le fait qu’il offre non seulement une synthèse des 10 facteurs de risque par tâche mais aussi par poste. Il calcule donc automatiquement l’exposition à la pénibilité du poste dans son ensemble. C’est simple pour le port de charge, mais cela s’avère plus compliqué pour le bruit ou pour les vibrations car les moyennes sont logarithmiques. Autre atout : il permet également de savoir à partir de quel moment le poste devient pénible, et cela, selon la part respective de chacune des tâches. Si l’on reprend l’exemple du préparateur de commande, l’outil pourra ainsi indiquer que si la part de picking dépasse 70% de l’activité, le seuil légal du port de charge sera dépassé.

Votre outil a donc un aspect préventif ?
Antoine Dezalay : Tout à fait. D’ailleurs, certains de nos clients ont plutôt initié, grâce à lui, un travail de prévention. Il permet à l’entreprise de savoir comment répartir au mieux son activité et organiser sa polyvalence pour préserver la santé de ses salariés. Il va aussi lui éviter la surpénalité liée au C3P qui peut lui coûter très cher, notamment en cas de polyexposition. Si un poste est soumis à deux ou plusieurs facteurs de pénibilité, elle va voir sa facture doubler !

Il permet donc aussi de savoir comment organiser l’activité d’un poste ?
Antoine Dezalay : Attention ce n’est qu’un outil ! Il nous incombe ensuite, dans notre rôle de conseil, d’accompagner les entreprises dans l’optimisation de leur organisation du travail. Mais il facilite les prises de décision en objectivant l’impact sur la santé au travail, essentielle à prendre en compte dans le pilotage de la performance.

En conclusion, agir sur la polyvalence permettra de  lutter contre la pénibilité voire la prévenir…
Antoine Dezalay : Oui mais il n’y a pas que la polyvalence. Les entreprises peuvent aussi influer sur le temps d’exposition ou encore  la gravité en mettant en place des moyens de prévention adaptés : assistance au port de charges, coffrage des machines pour limiter le bruit etc… Mais la polyvalence reste un moyen privilégié pour limiter une exposition trop longue à un même facteur de pénibilité. Si elle est accompagnée d’un programme de montée en compétences, elle permet aussi au collaborateur de diversifier son travail.

Vous souhaitez obtenir plus d’information sur l’outil ou sur notre accompagnement : contactez-nous à ariane@arianeconseil.fr

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