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Collaborer avec des EA / ESAT

21/12/2016

Pourquoi ? Comment ?

Si le Secteur du Travail Protégé et Adapté (STPA) a aujourd’hui le vent en poupe, il n’en reste pas moins un volet encore trop souvent sous exploité par les entreprises. Comment mieux appréhender l’offre et les structures en capacité de répondre aux besoins de l’entreprise ? Comment embarquer les acheteurs au sens large ? Le point avec Antoine Dezalay, directeur de la conception Ariane Conseil.

Un contexte favorable à l’essor des liens avec le secteur adapté

La collaboration avec le STPA) est traditionnellement un « parent pauvre » des Politiques Handicap et peu d’entreprises exploitent pleinement les possibilités offertes. La loi handicap permet pourtant aux entreprises d’atteindre jusqu’à 3% de leur taux d’emploi grâce aux unités générées par les Entreprises Adaptées (EA) ou les Etablissements ou Services d’Aide par le Travail (ESAT).

Ces dernières années, plusieurs facteurs ont conduit les entreprises à s’intéresser davantage au sujet. La baisse des perspectives de recrutement incite tout d’abord les entreprises à se fixer des objectifs plus ambitieux en termes d’emploi indirect. Le développement de politiques RSE[1] constitue ensuite un nouveau levier pour impliquer les acheteurs dans le développement de la collaboration avec le STPA. Une étude de la DGEFP[2] menée auprès des entreprises sous accord révèle ainsi que 85% d’entre elles développent une politique d’achat responsable en 2016. Enfin, l’offre et les modalités de collaboration avec les EA / ESAT se sont considérablement élargies.

Faire « matcher » l’offre et la demande

L’objectif est de voir dans quelle mesure il est possible de mettre en adéquation les produits ou les services proposés par les EA/ESAT et les besoins de l’entreprise. « C’est un peu plus compliqué qu’il n’y paraît, témoigne Antoine Dezalay… Car l’offre de services des EA / ESAT est loin d’être figée… et c’est là l’une des caractéristiques importantes du secteur : sa capacité à s’adapter aux besoins de l’entreprise. Par exemple, un ESAT dont le métier de base est l’usinage de fer peut très bien adapter son offre pour réaliser de la réparation de caddies à la demande d’un supermarché ». Il est donc préférable de commencer par partir des besoins de l’entreprise puis de se rapprocher d’EA/ESAT pour co-construire la collaboration. Cette logique de co-construction n’est pas évidente : elle implique un changement de culture et de pratique au niveau des acheteurs.

La nécessaire participation des acheteurs…

L’implication des acheteurs dans la démarche est donc déterminante.  Or peu d’entre eux connaissent le milieu protégé et adapté, et la politique d’achat « responsable » peut leur sembler parfois en contradiction avec les objectifs qui leur sont classiquement assignés.

« Il est important de de commencer par préciser les spécificités des EA/ESAT pour lever ce qui peut être vécu comme des injonctions contradictoires. Un exemple : privilégier l’achat de volume en s’adressant à un seul fournisseur pour réduire les coûts versus travailler avec des ESAT locaux pour développer une démarche citoyenne. Une bonne compréhension de l’organisation et de la structuration du secteur protégé et adapté est indispensable. » L’information et la formation des acteurs est donc un préalable incontournable.

 

… des acheteurs au sens large du terme

L’une des clés de réussite est également d’impliquer les bonnes personnes… Au-delà des acheteurs à proprement parler, la Mission Handicap se doit « d’embarquer » les commanditaires et les prescripteurs. Les moyens généraux ou la communication par exemple sont des services souvent consommateurs de produits et services du STPA : achat de matériel et de fourniture, gestion des courriers, numérisation, impression, routage etc. Les responsables ou assistantes de service ont également parfois une marge d’autonomie dans certains types d’achats et le référencement de structures locales. « Pour bien cibler les équipes à embarquer, nous commençons systématiquement par une analyse des pratiques d’achat et de référencement. Cela nous permet de clarifier les périmètres de responsabilité et d’identifier les différents intervenants dans le process ».

Une fois les acteurs identifiés et formés, on peut alors envisager le passage à l’action. « Nous construisons un annuaire qualifié par région qui réponde aux besoins de l’entreprise. Avant de référencer les structures, nous prenons contact avec les EA et les ESAT locaux pré-identifiés pour nous assurer qu’ils sont en capacité d’ajuster leurs prestations aux attentes exprimées sur différents critères : coût, qualité, réactivité… mais l’idéal est d’organiser un contact direct entre l’entreprise et les EA/ESAT et d’accompagner la co-construction de la collaboration ».

 

Un secteur qui bouge et de nouvelles perspectives pour les Missions Handicap

Le STPA est un secteur qui bouge : nouvelles initiatives, nouvelles prestations, nouvelles structures… il faut absolument s’ouvrir sur l’extérieur, chercher des retours d’expérience d’autres entreprises et sortir du cadre classique de l’achat de produits ou de service. A titre d’exemple, Assystem qui a sollicité le cabinet en 2016 pour mener un diagnostic sur la cotraitance : une formule qui fait couler beaucoup d’encre mais qui finalement n’en est encore qu’à ses débuts ». Autre perspective, la possibilité récente de valoriser en unités bénéficiaires les services rendus par les autoentrepreneurs en situation de handicap… tout cela ouvre des voies prometteuses qui nous font dire qu’on n’a pas fini de parler du STPA.

[1] Responsabilité Sociale d’Entreprise

[2] Direction Générale de l’Emploi et la Formation Professionnelle

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